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Association Les Amis de James Coignard
Fonds James Coignard
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L'œuvre d'une vie

Et si cette avancée de plaisir, de mémoire et de technique crée un message quelconque, c’est parce qu’elle naît de la concentration de tous les événements vécus par un individu. En cela, le peintre est parfois le témoin de toutes les histoires du monde.

 James Coignard, 2000

Plus d’un demi-siècle de recherche et d’observation, portées par une curiosité sans limite de l’artiste sur le monde qui l’entoure, façonnent l’immense œuvre de James Coignard. Parler de « l’œuvre d’une vie » prend ici toute sa dimension tant ses travaux nous le montrent et semblent s’en mêler intimement. L’artiste fut peintre, céramiste, sculpteur et graveur. Il a utilisé la gravure comme un peintre, et l’a pensée comme un sculpteur. Il consacra une grande partie de ses recherches à cette technique dès la fin des années 60.
On retrouve souvent chez James Coignard cette envie de façonner et jouer avec la matière, les épaisseurs ; tracer des lignes comme des brûlures, les inciser et placarder enfin dans une jubilation vibratoire de grands aplats de couleurs. Ses œuvres nous touchent par le fragile équilibre qui se dégage entre la force de la matière, ses bulles épaisses remontant à la surface, l’empreinte profonde de la ligne et son importance face à la simple respiration apportée par une lettre, un chiffre, un signe ; comme un bref rappel à la réalité.

Ainsi est pour moi l’œuvre de Coignard, […]. Il représente. Il alerte. Il interpelle. Comme la passante de Munch, comme la femme à l’enfant du Guernica de Picasso, comme les « otages » de Fautrier. C’est toujours le même cri de l’homme à ses semblables.
La peinture n’est jamais aussi grande que quand elle nous conduit au-delà de nous-même.

Georges Tabaraud, 2005

 

La gravure au carborundum

La gravure au carborundum a occupé une place majeure dans les recherches de James Coignard. C’est en 1968, avec son ami Henri Goetz, qu’il commence à travailler sur le carborundum. Le carborundum est une poudre abrasive mise au point par Acheson en 1893. Henri Goetz va utiliser et adapter cette poudre au procédé de la gravure ce qui permet de graver en relief et non en creux. James Coignard va travailler à développer les différentes applications et effets possibles en gravure avec le carborundum. Les effets de reliefs, d’ajouts et de déformations que permet cette technique vont séduire l’artiste et servir son imaginaire créatif. Plusieurs artistes matiéristes comme Clavé ou Atlan vont s’intéresser à cette technique sans s’en emparer pleinement. Seul Max Papart, ami de longue date de James Coignard, s’enthousiasme autant que lui pour ce nouveau procédé. Cet investissement plein et entier de l’artiste dans cette voie technique et artistique a fait de lui l’un des plus grands peintres-graveurs de notre époque.

Ma passion pour la gravure est inséparable de celle que j’ai pour le dessin. […]
Tout d’abord j’ai été moins intéressé par les reliefs possibles que par la surface que pouvaient avoir des plaques de carborundum […]. 
Ce ne fut qu’après, que les possibilités de reliefs, de boursouflures des matériaux, de la résine, des grains de sable et de colle, se sont imposées à moi et ont pris le pas sur tout le reste. 

 James Coignard, 2000